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CHOLET VÉLO SPORT

Club affilié à la FFCT sous le numéro 00843 - Ligue des Pays de la Loire.


Le dopage, d'hier à demain...

L'histoire du dopage

Evolution de la définition du dopage sportif :

Ethymologiquement le mot dopage est issu du verbe anglo-américain [to] dope, « administrer un narcotique », il apparait en 1899 (source TLF) mais d'autres sources indiquent que le terme « dopage » peut également provenir du néerlandais « dop », qui désigne une boisson alcoolisée à base de peaux de raisin consommée par les guerriers zoulous afin d'accroître leur vaillance au combat. On retrouve ce mot dans le Supplément du Nouveau Larousse Illustré en 1907 où il est défini comme "l’emploi d’excitants et les excitants eux-mêmes susceptibles au moment d’une course de donner à un cheval une ardeur factice et momentanée". Il est indiqué que le procédé est interdit par le code des courses et en toute occasion pour les chevaux militaires. Il semble donc que le dopage moderne a débuté dans le milieu hippique.
En 1950, toujours dans le Larousse Illustré, on trouve les mots doper, doping et dopage avec la définition suivante : "c’est absorber un stimulant ou toute substance modifiant ou exaltant considérablement certaines propriétés avant de se présenter à un examen, une épreuve sportive". Comme on le constate cette définition confirme que le dopage n’est pas un domaine réservé au sport.
La 9e édition du dictionnaire de l'Académie Française (en cours de rédaction) confirme cette idée : "Administrer un produit stimulant à une personne ou à un animal avant un effort, une épreuve ou une compétition".
En France la première loi sur le dopage sportif date du 1er juin 1965, elle donne une définition très précise : « est considéré comme dopage le fait d’administrer sciemment en vue ou au cours d’une compétition sportive des substances destinées à accroître artificiellement et passagèrement les possibilités physiques d’un sportif et susceptibles de nuire à sa santé. ». Cette première loi sanctionnait pénalement l’utilisation intentionnelle par un sportif au cours ou en vue d’une compétition de l’une des substances visées dans le décrêt d’application du 10 juin 1966. Celle-ci prévoyait également que les prélèvements ne pouvaient se faire qu’à la demande d’un médecin agréé par le Ministre chargé des Sports. Il faut signaler que les pouvoirs publics français ont réagi très tôt puisque la France a été avec la Belgique le premier pays à légiférer dans ce domaine.
La persistance du phénomène « Dopage » et sa médiatisation ont conduit les pouvoirs publics à modifier la législation afin de la rendre plus efficace, c'est la Loi du 28 juin 1989 ou Loi Bambuck :
« Est considéré comme dopage le fait au cours des compétitions et des manifestations sportives organisées ou agréées par des fédérations sportives ou en vue d’y participer (entraînements) :
- d’utiliser des substances ou procédés interdits
- d’administrer ou d’appliquer ces substances ou procédés (y compris aux animaux)
- d’inciter à leur usage ou d’en faciliter l’utilisation.»
Selon la convention européenne du 16 novembre 1989, on entend par dopage l’administration aux sportifs ou l’usage par ces derniers d’agents ou de méthodes de dopage interdits par les organisations sportives internationales et figurant sur des listes officiellement approuvées.



I - Historique

1- L'antiquité :
a) D'après le chant XXIII de l'Iliade qui décrit les épreuves disputées par les Archéens aux funérailles de Patrocle puis selon Milon de Crotone (Cet illustre lutteur tint le devant de la scène dans la seconde moitié du 7e s. avant J.-C. Il fut six fois vainqueur à Olympie, sept fois à Delphes, dix fois à l’Isthme et neuf fois à Némée ! Il fut ainsi le sportif le plus couronné de l’Antiquité et devint periodonikes. Milon était non seulement célèbre pour sa force légendaire, mais aussi pour son appétit insatiable !), les athlètes de la Grèce antique dès le VIe siècle avant J.-C., mangeaient des viandes d'animaux différents selon la discipline sportive qu’ils pratiquaient afin de s'imprégner de leur qualité ou de leur force : - les sauteurs mangeaient de la viande de chèvre - les boxeurs et les athlètes de pancrace (sorte de lutte qui autorisait tous les coups à part mordre, arracher les yeux et introduire les doigts dans le nez de l’adversaire.), de la viande de taureau - les lutteurs quant à eux préféraient de la viande de porc.
Les cavaliers grecs placaient des noix sous la selle pour stimuler les chevaux.
Philostrate et Galien rapportent que les athlètes essayaient d’accroitre leurs performances en avalant toutes sortes de substances.
Les premiers Jeux Olympiques datent de 776 avant Jésus-Christ et se sont déroulés tous les 4 ans pendant près de 12 siècles.
Entre les Jeux Olympiques se déroulaient d'autres rassemblements compétitifs associant poëtes, musiciens, sportifs comme les jeux pythiques à Delphes, les jeux isthmiques à Corinthe, les jeux néméens à Némée ; au moins un de ces jeux se déroule chaque année. Chaque "période de rencontres" était un événement au point que tout s'arrêtait dans le pays. Vers le mois d'août-septembre, des messagers appelés "théares" parcouraient le monde grec pour déclarer la Trêve Sacrée (c'est à dire que les guerres entre les cités participant aux compétitions étaient suspendues). La majorité de la population était concernée. Outre la couronne de laurier et l'huile sacrée, la victoire d'un athlète était accompagnée d'honneurs d'autant plus grands qu'ils rejaillissaient sur toute la province d'où il était originaire.
Au Ier siècle avant J.-C., Pline le Jeune (ou selon les auteurs Pline l 'Ancien) indique que les coureurs de fond de la Grèce Antique utilisaient des décoctions de prêle (Equisetum) pour se contracter la rate et prévenir les abandons lors des courses de longue durée.
Dans ce contexte, les athlètes recherchaient l'amélioration de leurs performances. Si quelques régimes originaux (figues) ont été rapportés, la grande idée de l'époque était que la force dont il avait besoin, l'athlète devait la chercher dans les animaux. En mangeant leur chair, il pourrait s'approprier leurs qualités. Le summum consistait à manger les testicules des animaux les plus forts. Nous verrons que cette pratique a été remise à la mode quelques dizaines de siècles plus tard. Elle est encore de mise dans certaines peuplades dites "primitives".
b) L’hydromel avait la faveur des grecs, quand les romains faisaient appel aux décoctions de feuilles de sauge pour leurs propriétés toniques.


De tous temps, la reconnaissance, la renommée, les honneurs, le gain ont été le moteur de la réussite et pour certains du dopage.
La modeste couronne de feuillage (olivier sauvage à Olympie - laurier à Delphes - pin à l’Isthme - céleri à Némée) était la plus haute récompense attribuée alors dans le monde grec, car elle garantissait à celui qui la recevait l’honneur et le respect de tous.

Cet athlète victorieux a été généreusement récompensé : il tient dans ses bras un bâton de marche, un aryballe (vase à parfum), un lièvre ; son corps est orné de rubans rouges, signes de l'admiration qu'il a suscitée. (Amphore à figures noires, v. 490 av. J.-C.)



La tricherie : Dès l’origine, encouragés par l’espoir d’une promotion sociale, de gains fabuleux, les concurrents n’hésitaient pas à tricher pour obtenir la victoire, allant selon Plutarque, comme le roi sportif Mithridate, jusqu'à empoisonner un rival qui avait eu l’impudence de le battre dans une compétition. A Olympie se trouvent toujours, peu avant l’accès au stade, les bases des Zanes, statues de Zeus, érigées avec le montant des amendes infligées à ceux qui avaient contrevenu au règlement olympique. Les six premiers Zanes étaient le fruit de l’amende payée par le thessalien Eupalos, convaincu d’avoir corrompu ses adversaires au pugilat en 388 avant J.-C. aux 98e Olympiades.

2- Puis on est passé de l'empirisme au dopage "pseudo scientifique" :

Les déviances empiriques, sans preuve d'efficacité, issues de croyances populaires comme l'utilisation d'arsenic (les habitants du Tyrol usaient, pour eux et leurs animaux, de doses d'arsenic pour lutter contre la fatigue et les difficultés respiratoires) ou de mauvaises interprétations médicales comme l'usage de la digitaline, tonique chez l'insuffisant cardiaque mais dangereuse voire toxique chez le sujet au coeur sain

3- Utilisation de substances végétales, utilisation très ancienne et qui se poursuit encore :
De tous temps les populations primitives consomment de manière empirique des substances végétales afin de stimuler leurs capacités physique, psychique, voire sexuelle : ainsi en Asie on utilise l'éphédra, l'opium, le ginseng depuis plus de 3000 ans, le betel, le chanvre ; les indigènes d’Amérique du Sud des pays Andins (Pérou, Bolivie) machent des feuilles de coca qui leur procurent la force de marcher des journées entières sans dormir ni manger, ils consomnent aussi le maté, le peyotl, le guarana, l'ayahuaska ; ceux d’Afrique l'ancolie, le khat, le café, les racines d'Iboga qui permettaient - selon le docteur Albert Schweitzer - aux indigènes du Gabon d'accomplir des efforts physiques sans ressentir les effets de la fatigue, la noix de kola pour ses vertus stimulantes ; en Europe avec le mandragore, le café, la noix de vomique, le saule et le
tribulus terrestris (photo) que les lutteurs crêtois connaissaient et utilisaient pour augmenter leur production de testostérone.

Plus tard, le cannabis sera utilisé par les guerriers fanatiques de Haban Ibn Al Sabbah pour ses propriétés euphorisantes, désinhibantes, et stimulantes que l’on appellera « Haschaschin ».

Les lutteurs Bretons du XVéme siècle prenaient des engagements avant les luttes de ne pas utiliser des produits alors connus comme dopants. Les terrassiers hollandais pratiquaient le "dooping" au 17ème siècle. Jusqu'aux années 70 les rugbyman mangeaient du (pour les avants) sanglier et (pour les 3/4) de la viande de biche.

II - Le dopage dans le sport moderne et l'évolution de la législation anti-dopage

Le dopage "moderne" remonte aux années 1860. Le premier cas moderne avéré remonte à 1865 : des nageurs à Amsterdam. Peu de temps après la création du premier club de vélo en France, à Rouen en 1868, des écrits font référence à des substances censées améliorer la performance. Dès 1880, il existait des mélanges de stupéfiants, constitués à partir de morphine ou de cocaïne. À la même époque, le vin Mariani était conseillé aux sportifs. Il était « aromatisé » avec des feuilles de coca. Aux alentours de 1892, on commercialisait des potions à base d'alcool destinées aux cyclistes, comme l'Elixir de vitesse ou encore le Vélo Guignolet. Le champagne était également très prisé des coureurs à cette époque.
Le premier cas de décès, dû au dopage, remonte à 1896 avec la mort du Gallois Arthur Linton (photo) deux mois après sa victoire dans la course Bordeaux-Paris. La thèse officielle évoqua une fièvre typhoïde. Il semble, en fait, que le coureur ait été victime d'un mélange à base de morphine qui lui aurait été administré par son soigneur.
Est-ce parce que le cyclisme a toujours été un "sport de souffrance" que cette recherche de produits miracles s'est instaurée dès les premières heures ? Jusqu'en 1920, le dopage passe principalement par la consommation de vin (dont certains sont enrichis par des feuilles de coca), pour les sportifs et les militaires, pour lever les inhibitions et la peur, mais aussi repousser la fatigue et la douleur.
Le XXème siècle découvre et utilise le dopage chimique.


Le dopage fut importé dans les milieux sportifs par … les autorités militaires (doubles ou triples rations de « gnôle » et de « pinard » des grognards et des poilus). Utilisation de 72 millions de comprimés d’amphétamines dans les contingents britanniques et surtout chez les pilotes de la Raf pendant la bataille de Londres pour permettre le retour à la vivacité chez le sujet prêt à tomber de sommeil, pour lui procurer un sentiment de bien-être et de confiance sans altérer son jugement (Major DNW Grant).


Depuis les années 60, après le "malaise" de Jean Maléjac (amphétamines) sur le Tour de France 1955 qui entraîne l'exclusion de son soigneur, qui est également celui du Luxembourgeois Charly Gaul, constituant le premier cas d'exclusion pour dopage sur le Tour de France, le décès du danois Knud Enemark Jensen (amphétamines) au cours de l’épreuve cycliste sur route des J.-O. de Rome en 1960, la mort de Tom Simpson (™Tonédron) sur les pentes du Ventoux au cours de la 13e étape du Tour de France 1967 (photo), va se dessiner en Europe une ébauche d’action antidopage concertée. C'est la répétition de ces accidents et leurs observations directes qui incitent certains médecins encadrant des équipes du Tour de France à se réunir pour trouver des solutions. Au congrès d'Uriage en 1963, un consensus se dégage en faveur d'une loi, qui sera finalement votée en 1965. En 1966, un premier contrôle antidopage est organisé à l'issue d'une étape du Tour de France.
De son coté, le Comité International Olympique (CIO) décida aussi d’instaurer un contrôle antidopage : en 1963 est mis en place une commission d’experts par les Etats Membres du Conseil de l’Europe (Congrès Olympique de Madrid) et ce n'est qu'en 1968, aux Jeux Olympiques de Mexico que furent effectués les premiers dépistages.
En France, la première Loi antidopage dite « Loi Herzog » date du 1er juin 1965, elle donne une définition très précise du dopage, mais seul l’État décide et agit en la matière. Le Laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD) est créé en 1966 à Châtenay-Malabry, à la suite de la promulgation de cette loi . L'État va ensuite progressivement associer les fédérations sportives à son action et renforcer son arsenal juridique par les décrets de juin 1966 et août 1967. La modernisation ainsi que l’essor médiatique et les enjeux politiques et commerciaux du sport (comme toutes les autres activités de spectacle, celui-ci se trouve pris dans la spirale de l’argent) vont conduire à la loi de 28 juin 1989 dite « Loi Bambuck » qui se veut disciplinaire avant d’être pénale, respectueuse des droits de l’individu, préventive aussi bien que répressive, qui prévoit d'étendre les sanctions à l'entourage du sportif ayant aidé au dopage, qui met en place les contrôles inopinés réalisés en dehors des compétitions et qui crée la Commission nationale de lutte contre le dopage (CNLD). En 1998, pendant le tour de France, apparaît au grand jour l’ « Affaire Festina et TVM ». Le Parlement vote le 23 mars 1999 une nouvelle loi, dite « Loi Buffet - Loi relative à la protection de la santé des sportifs et à la lutte contre le dopage », L'accent est mis sur le suivi médical du sportif et sur la prise en charge médicalisée des sportifs dopés. Cette loi met aussi en place le Conseil national de prévoyance et de lutte contre le dopage (CPLD).

Par la loi dite « Loi Lamour » votée le 5 avril 2006, et publiée le 6 avril, le CPLD devient une « Autorité publique indépendante » et change de nom pour devenir l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Son organe principal est le collège composé de neuf personnalités, auxquelles peut s'adjoindre un vétérinaire pour les questions touchant le dopage animal. Ses missions sont les suivantes :

  • Les contrôles antidopages (compétente en ce qui concerne les compétitions et les entraînements se déroulant en France en dehors des règles des fédérations internationales). Elle peut organiser des contrôles lors de compétitions internationales en coordination avec l'Agence mondiale antidopage (AMA) ou avec la fédération internationale compétente.
  • Les analyses, le LNDD devenant le 1er octobre 2006 un service de l'AFLD en prenant le nom de Département des analyses dirigé
    par Jacques de Ceaurriz
    jusqu'à sa mort en janvier 2010. c'est l'unique laboratoire accrédité en France auprès de l'Agence mondiale antidopage (AMA).
  • Le pouvoir disciplinaire, l'AFLD exerce un pouvoir disciplinaire, consistant à prononcer des sanctions administratives de suspension, dans quatre cas : elle est saisie d'office lorsque les organes disciplinaires de la fédération nationale compétente ne se sont pas prononcés dans les délais prévus par la loi (dix semaines en première instance, quatre mois en appel) ; elle peut se saisir pour réformer une décision prise par la fédération française compétente ; elle peut étendre une sanction prise par une fédération ; elle est directement compétente lorsque le sportif contrôlé positivement n'est pas licencié en France, sauf lorsque le contrôle a eu lieu durant une compétition internationale pour laquelle seule la fédération internationale correspondante est disciplinairement compétente.
  • Les autorisations d'usage à des fins thérapeutiques (AUT), l'AFLD est chargée par la loi de délivrer au plan national les autorisations d'usage à des fins thérapeutiques de produits interdits.
  • La prévention, aux côtés des autres acteurs de la prévention du dopage (ministères, notamment ministère chargé des sports, auquel la loi nouvelle confie la coordination des actions de prévention ; mouvement sportif ; collectivités territoriales ; antennes médicales de prévention du dopage ; professions de santé…), l'AFLD, diligente des actions de sensibilisation aux contrôles antidopage lors de manifestations sportives de masse du type Marathon de Paris, Etape du Tour...
  • La recherche, l'AFLD dispose d'un comité d'orientation scientifique, composé de neuf scientifiques français et étrangers de haut niveau ainsi que de trois représentants des administrations concernées et d'un représentant de l'Agence mondiale antidopage. Le département des analyses assure lui-même des actions de recherche en son sein, qui seront soumises à ce comité. Cette dimension de l'action de l'AFLD est naturellement essentielle pour mettre en évidence des produits et procédés dopants aujourd'hui non recherchés car connus des seuls " dopeurs ", pour améliorer les techniques de détection des substances interdites ou encore pour analyser les effets des produits dopants sur la santé et sur la performance ou les questions sociologiques relatives à la lutte contre le dopage.
  • L'action internationale où en tant qu'instance consultative elle est associée aux activités internationales dans le domaine de la lutte contre le dopage, notamment vis-à-vis de l'Agence mondiale antidopage.

Loi du 5 avril 2006 : LOI n° 2006-405 du 5 avril 2006 relative à la lutte contre le dopage et à la protection de la santé des sportifs.
6 avril 2006 JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Texte 2 sur 109. NOR : MJSX0500007L

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Décret n° 2010-134 du 10 février 2010 portant publication de l’amendement à l’annexe de la convention contre le dopage, adopté le 18 novembre 2009 à Strasbourg, et à l’annexe 1 de la convention internationale contre le dopage dans le sport, adopté à Paris le 28 octobre 2009.
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III - La création de l'Agence Mondiale antidopage (AMA) - World Anti-Doping Agency (WADA)

Le scandale survenu au cours du Tour de France 1998 a justifié la mise en place d'un organisme international indépendant établissant des normes universelles afin de lutter contre le dopage et coordonnant l'action des comités sportifs et des pouvoirs publics. Le CIO a organisé la première Conférence mondiale sur le dopage dans le sport à Lausanne en février 1999. L’Agence mondiale antidopage (AMA), conçue à cette occasion a été fondée à Lausanne le 10 novembre 1999. L'Agence Mondiale Antidopage compte un nombre égal de représentants du Mouvement olympique et des gouvernements. L'AMA (Agence Mondiale Antidopage) est donc une organisation internationale indépendante (fondation de droit privé suisse) responsable de superviser la lutte contre le dopage dans le sport. Son siège est à Lausanne (Suisse), et son bureau principal à Montréal (Canada). Le premier janvier 2004 le Code mondial antidopage entre en vigueur et s'impose à toutes les fédérations et à tous les sportifs. Il comporte la liste de tous les produits et méthodes interdits et les règles des contrôles. Ce code est renforcé en 2007 et révisé en 2009.

Le carré représente les règles du jeu, le noir la neutralité (la couleur de l'arbitre).
Le signe égal, sous un symbole humain, évoque l'équité et la loyauté, le vert, les aires de jeu.
Le slogan "Franc jeu" exprime que le sport est pratiqué dans les règles et sans artifice.

La réalité du dopage est difficile à appréhender ; il n'y a que le suivi biologique, par l'intermédiare du passeport biologique du sportif, fondé sur l'évolution durant toute la carrière d'un sportif des variables biologiques sélectionnées qui révèlent indirectement les effets du dopage et la détection directe traditionnelle du dopage qui en sont capables.
L'AMA a mis en place le Code mondial antidopage (le Code) qui est un document harmonisant les règles liées au dopage dans tous les sports. Ceci impose à l’AMA l’obligation de coordonner les activités antidopage et d'aider ses partenaires dans la mise en place du Code : c'est le système d’administration et de gestion antidopage (ADAMS), mis en ligne au milieu de l’année 2005, qui impose à un sportif de se localiser, à l'AMA d'informer les athlètes sur la législation, de planifier les contrôles, de délivrer les AUT.
Dans la mise en place d’un contrôle antidopage interviennent des règles strictes afin d’éviter toutes contestations. Chaque sportif licencié peut en compétition ou à l’entraînement subir un contrôle anti-dopage. Le contrôle sera effectué selon une procédure très précise, accompagnée de la rédaction d’un rapport fourni aux autorités compétentes, un double étant gardé par le sportif. En cas de contrôle positif une contre-expertise peut-être effectuée à la demande du sportif qui, en cas de confirmation de ce contrôle est entendu en première instance par la procédure disciplinaire de sa fédération. L'AFLD peut faire appel des sanctions. Il existe par ailleurs des procédures d’appel. Tout sportif contrôlé positif est sanctionné par sa fédération et doit avant de reprendre la compétition, passer un entretien dans une antenne régionale de lutte contre le dopage.

IV - Le dopage moderne est un véritable poison pour les sportifs et la société

Comment se procure t-on les produits dopants ? : Tout simplement en pharmacie, sur prescription d’un médecin, lorsque ces substances sont commercialisées et accessibles sur ordonnance. Très facilement par l'intermédiaire d'internet où il est aisé de se procurer sur un des nombreux sites de « body building » des stéroïdes anabolisants, de l’hormone de croissance ou de la testostérone. On peut également se procurer de l’EPO dans les pays frontaliers, par exemple en Italie. Parfois au sein même des équipes, de cyclisme par exemple, avec l'aval des dirigeants et la collaboration plus ou moins active des médecins comme nous l'ont appris les affaires Festina, Cofidis ou Kelme malgré les dénégations outrées des instances du cyclisme international et le rôle des médias qui est généralement imprécis, ambigu voire complice par omission.
Rares sont les sportifs qui font des aveux et la rumeur est la plupart du temps insidieuse relayée par le silence et la complicité tacite qui sont souvent de règle « chez ceux qui savent ». Les trafics de vrais médicaments, faux médicaments, copies, produits illicites se multiplient au même rythme que les manipulations sanguine set biologiques en attendant l'apparition du dopage génique qui malgré les incertitudes qu'il comporte à long terme ne tardera pas à apparaître.
Aucun sport n’est à l’abri et toutes les fédérations sont concernées. Il n’y a pas que les sports classiques tels le cyclisme, l'haltérophilie, l'athlétisme ou la natation qui sont touchés, des cas de dopage sont retrouvés à la pétanque, en équitation, en handisport, en tir ou en voile, la liste des sports concernés représente l'ensemble des fédérations.
Le sport est devenu un enjeu politico financier majeur comme nous le révèle les exemples du sport d'état en RDA et le sport devenu spectacle. Déjà dans la Grèce Antique ne disait-on pas qu’une victoire à Olympie faisait plus pour la gloire d’une cité qu’une victoire sur le champ de bataille. Alors pourquoi se dope t'on ? : enjeux à la fois financiers (sport business), politiques, sportifs et professionnels ; vedettariat, pressions médiatiques, besoin de reconnaissance ; calendriers sportifs surchargés ; société de consommation de médicaments ; méconnaissance des vrais dangers du dopage ; information et formation mal ciblées.
Les médicaments sont détournés abusivement vers le dopage à des posologies inadaptées voire délirantes, en cures prolongées et en associations incohérentes entraînant un dépassement des limites physiologiques, une toxicomanie ou pire encore, quel qu'en soit le prix à payer, des effets indésirables immédiats ou des affections graves à distance, avec de plus en plus de maîtrise ou de sophistication des méthodes afin de ne pas provoquer de résultats positifs lors des contrôles antidopage.

En conclusion
Le dopage concerne tous les sports et chaque activité humaine. Il concerne également tous les sportifs et chaque homme, quelque soit son âge, son niveau de compétition, sa condition. Les mesures préventives et répressives prévues par les lois du 23 mars 1999 et du 5 avril 2006, doivent servir à protéger le sportif et à lui garantir une pratique sportive saine. Le dopage est avant tout une tricherie qui peut nuire gravement à la santé. Les produits ou les méthodes prohibés ne peuvent pas faire des champions en raison des inégalités biologiques qui existent entre les individus. Le médecin, pièce central du dispositif, doit s'efforcer de sensibiliser chaque sportif ou être humain au problème du dopage, ce qui est un véritable devoir de Santé Publique.

© Jean-Luc Langeron - 2 octobre - 3 décembre 2010.

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